Ville de Barcelonnette

Jean Caire

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1855-1935

Jean Caire, qui débute son activité de peintre dans les fructueuses années 1880, -alors que les chantres du réalisme et du naturalisme viennent tout juste de disparaître (Millet, Courbet, Corot, Diaz, D'aubigny…), s'inscrit pleinement dans cet héritage, largement dominé par la représentation de la réalité, du « réel exact ».

L’artiste ubayen choisit aussi de faire connaître sa terre natale avec une prédilection marquée pour le paysage naturel, « aimant les champs en eux-mêmes, les trouvant d'un intérêt et d'une vie assez larges pour les interpréter dans leur banalité, sans chercher à leur donner plus de noblesse. » (Émile Zola)

Au cœur de cette nature intériorisée, la représentation de la moisson est un élément récurrent chez le peintre. Mais à l'inverse de ses aînés, Jean Caire exclut toute évocation des coutumes ancestrales, tout moments forts de la vie du paysan ou de l'éleveur (moisson, foulaison, rogation, cueillette, semailles, transhumance…) qu'il connaît pourtant bien et partage, lui, le « peintre-paysan-éleveur ». L'homme de la haute montagne (il est membre actif du Club alpin français) ignore aussi curieusement « la zone supérieure alpestre », le mode des glaciers, des éboulis de pierres alors célébrés par les artistes de la Société des Peintres de Montagne.

Le peintre de l'Ubaye qui fréquente le littoral méditerranéen (Toulon, Marseille) prend pour sujet le bord de mer (marines) ou les jardins à la végétation luxuriante. De ces séjours en Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc), il rapporte de nombreuses toiles mettant en scène paysages et scènes de vie orientalistes.